L'une des choses les plus difficiles, dans notre culture de la performance et de l'effort à tout prix, est de savoir quand lever le pied. Le cas classique, surtout chez les athlètes ou les gens qui ont très envie de progresser dans leurs qualités physiques ou esthétiques, est une croyance que plus on en fait, plus on aura de résultat. Comme si c'était linéaire.

Le principe de non-linéarité se résume ainsi : ça n’est pas l’augmentation seule du volume d’entraînement qui fonctionnera à l’infini pour faire augmenter vos performances (en force ou en endurance). D’autres facteurs sont à prendre en compte, et ces facteurs sont (entre autres) :

  • l’environnement hormonal présent dans votre corps. C’est environnement hormonal, hors dopage, dépend essentiellement du type d’entraînement que vous faites, de votre alimentation (notamment son rythme et sa qualité), de votre niveau de stress (donc de votre manière de respirer, de penser, de vivre), et de votre sommeil. Une trop grande augmentation de votre charge d’entraînement (et surtout trop de redondance dans les exercices effectués une même semaine) crée des lésions, de l’usure et du stress. Ce stress fait augmenter votre taux de cortisol. Et le cortisol mange littéralement vos muscles pour en tirer du glucose. Bref, en un mot comme en mille « plus, ça n’est pas forcément mieux ». Du tout.
  • L’incertitude. Eh oui. Parce que notre corps ne s’adapte pas s’il est sûr de survivre à un entraînement. Et l’incertitude mobilise ses capacités adaptatives. D’où l’importance de la variabilité dans l’entraînement, et l’emploi d’une immense variabilité dans l’anti-méthode. Et l’emploi de jours extrêmement légers, avec des entraînements intenses mais très brefs, et des jours de repos.

Autrement dit, ce qui fait que la méthode fonctionne est, aussi, le repos et les jours « faciles ».

Un bon guide, très simple à utiliser, est la joie et votre niveau d’énergie. Il peut arriver qu’on rechigne à tirer le dé ou à s’y mettre. C’est déjà un signal à prendre en compte. Si, après un échauffement et le début de l’entraînement, l’énergie et la joie reviennent, c’est bon signe. Si, en revanche, après l’échauffement vous vous sentez encore épuisé, fatigué, et démotivé, une solution très simple : posez tout, et reposez-vous.

Un entraînement à la mode « Quick and Dirty » doit normalement vous laisser avec plus d’énergie à la fin qu’au début, sauf de temps en temps pour une crucifixion ou les rares entraînements longs que vous aurez à faire (une fois ou deux par mois). L’entraînement moyen, dans l’anti-méthode, est d’une durée d’environ 30 ou 40 minutes (avec une grande variabilité de durée, oui). Et ça suffit largement.

Donc, en clair, écoutez vos canines :

  • Si vous avez envie de manger, tel un prédateur, le prochain entraînement, c’est que votre niveau de charge de travail est parfaite.
  • Si vous sentez les canines pousser seulement après l’échauffement, on est à la frontière…
  • Si après le début de l’entraînement vos canines ne poussent toujours pas, c’est que vous êtes en train de louper un jour de repos.

« La bienveillance, c’est le juste milieu entre la complaisance (trop mou) et la maltraitance (trop dur). »

En clair, un jour de repos, quand on est fatigué, est la meilleure manière de progresser. De même, si vous avez une surcharge ponctuelle d’activité physique (un chantier, un déménagement, une période de gros travail physique, etc.) il faut simplement prioriser cela, et voir s’il vous reste de l’énergie ou pas pour l’entraînement. Et si ça n’est pas le cas : reposez-vous.

Dans la durée, ce genre d’approche permet de progresser lentement mais sûrement.

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