Création de la méthode

… pour la petite histoire.

Par David Manise

La méthode (ou anti-méthode) est partie d’un constat simple : je ne trouvais pas de méthode généraliste de préparation physique qui me permette d’être assez polyvalent à mon goût, et qui me demande assez peu d’investissement en temps, énergie et argent.

Mon cahier des charges était simple : à 44 ans, à l’époque (automne 2019), je devenais petit à petit un spécialiste de la force, et je perdais progressivement en cardio et en mobilité/agilité. J’ai donc décidé de fureter un peu partout et de me mettre en quête d’une méthode généraliste. Une méthode qui réponde au cahier des charges de rusticité et de polyvalence dont je parle depuis 15 ans dans mes stages de survie : « être un bon 4×4 » plutôt qu’une formule un, spécialisée dans un domaine.

De là, j’ai créé une première ébauche de méthode, à l’automne 2019, qui intègrait des kettlebells et de la marche, essentiellement. Vous pouvez lire d’ailleurs l’article de mon blog où je parle de cette proto-méthode ici : « Préparation physique 2020« . Cette première version a plutôt bien fonctionné, j’ai assez vite atteint un plateau du fait du manque de variabilité dans les séances. Et donc j’ai décidé de tout revoir, en me replongeant dans la documentation scientifique, dans les podcasts un peu pointus (notamment ceux qui impliquaient Pavel Tsatsouline), etc, etc. Et j’ai compris un truc central, qui est l’hypothèse de départ de cette méthode :

Notre corps ne se développe pas uniquement en réaction à un stimulus. Il surcompense et se développe par anticipation des prochains défis qu’il aura à relever, et en fonction de l’énergie d’adaptation dont il dispose.

Quand j’ai compris ça, tout a basculé, et j’ai cherché à créer un contexte qui fatigue moins mon corps, mais qui ne lui permet pas de se reposer sur ses lauriers, en quelque sorte. Et pour générer ça, rien de tel que l’incertitude.

La méthode, du coup, repose essentiellement sur un concept assez paradoxal de « un petit peu tous les jours », pour en garder sous le pied, avec des entraînements parfois assez courts, pas très durs, et un niveau de variabilité et d’incertitude énorme (avec de temps en temps un gros entraînement interminable, quand-même, pour que le corps anticipe mieux). Et le niveau de difficulté, de son côté, est déterminé non pas par un coach ou le programme, mais bien par la personne elle-même, en fonction de son niveau de forme du moment, son ressenti, ses objectifs.

Si le dé décide, par exemple, que la séance d’aujourd’hui sera composée de 100 swings avec une kettlebell, celui qui s’entraîne peut librement décider de faire les 100 d’une traite avec une kettlebell légère, de prendre sa grosse kettlebell toute neuve et de faire une partie des swings en séries de 5 pour développer sa puissance, et de terminer par 50 swings plus légers en séries de 10. Tout est bon, tant que les 100 swings sont faits. Et surtout qu’ils sont tous très bien faits.

Cette flexibilité permet à chacun de respecter son élan et son niveau de forme du jour, mais en plus ça ajoute encore de la variabilité à la charge d’entraînement. En clair, non seulement c’est plus sympa, mais ça fonctionne encore mieux comme ça.

Pendant le premier confinement, Robin Cottel et moi étions voisins. Il venait alors de passer sa certification StrongFirst SFG1. Etant également accompagnateur en montagne, il m’a fait profiter de ses lumières et de ses réflexions au sujet de la préparation physique autant dans les aspects force que pour ce qui est de la marche et du cardio. Et petit à petit la méthode s’est affinée jusqu’à donner « Quick and Dirty ».

Au final, nous avons pris la préparation physique à rebrousse-poils. Plutôt qu’un programme simple et linéaire, nous avons créé un environnement de préparation physique global (incluant la respiration, l’alimentation, etc.) qui imite un peu le chaos organisé et l’imprévisibilité de la vie dans la nature où notre corps a évolué.

Et ça a fonctionné. Très rapidement, et avec moins de fatigue et d’usure.

Du coup j’ai fait tester le concept initial à plein de gens, et les retours ont été unanimes : ça marche !

Deux ou trois ajustements plus tard, j’ai trouvé une équipe de bêta-testeurs. Tous les plus différents les uns des autres possible, et encore là, retour unanime : c’est perturbant… mais ça fonctionne bien !